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FEC : Fichier des Écritures Comptables, 18 champs et obligations 2026

May 19, 2026

Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est exigé depuis le 1er janvier 2014 en vertu de l'Article A47 A-1 du Livre des Procédures Fiscales. Ce fichier constitue le format obligatoire pour toute entreprise soumise à un contrôle fiscal : il comporte 18 champs précis définis par l'arrêté du 29 juillet 2013. Le non-respect de ces obligations entraîne un défaut de présentation comptable, passible d'une amende de 5.000 EUR et de redressements fiscaux. Le FEC est produit en TXT ou CSV, encodé en ASCII ou UTF-8, avec un séparateur tabulation ou pipe. Tout logiciel comptable certifié doit être en mesure de le générer.

Qu'est-ce que le FEC selon l'Article A47 A-1 LPF

Le Fichier des Écritures Comptables, communément appelé FEC, est un fichier informatique qui retrace l'ensemble des écritures enregistrées dans le système comptable d'une entreprise au cours d'un exercice fiscal. Son existence juridique repose sur l'Article A47 A-1 du Livre des Procédures Fiscales, introduit par la loi de finances rectificative pour 2012, avec une application obligatoire à compter du 1er janvier 2014.

L'Article L47 A I LPF précise que toute entreprise tenant sa comptabilité au moyen de systèmes informatisés doit être en mesure de remettre à l'administration fiscale, lors d'une vérification de comptabilité, un fichier reprenant les écritures des journaux comptables dans un format normalisé. Cette obligation concerne les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices agricoles (BA), dès lors qu'elles utilisent un logiciel pour tenir leur comptabilité.

Les modalités techniques précises du FEC sont définies par l'arrêté du 29 juillet 2013, publié au Journal officiel. Ce texte fixe les 18 champs que doit contenir chaque ligne d'écriture, ainsi que les contraintes de format, d'encodage et de nommage du fichier. La doctrine administrative est consultable dans le BOI-CF-IOR-60-40-20 publié par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP).

En pratique, le FEC couvre l'ensemble des mouvements comptables : achats, ventes, opérations de trésorerie, écritures d'inventaire et opérations diverses. Il doit retracer chaque écriture de façon chronologique, journal par journal, avec un niveau de détail suffisant pour permettre une reconstitution du résultat fiscal.

Les 18 champs obligatoires en détail

L'arrêté du 29 juillet 2013 impose que chaque ligne du FEC contienne exactement 18 champs, dans un ordre précis. Voici le contenu de ces champs :

  1. JournalCode : code alphanumérique du journal comptable (par exemple : ACH, VTE, BNQ).
  2. JournalLib : libellé du journal.
  3. EcritureNum : numéro de séquence de l'écriture dans le journal.
  4. EcritureDate : date de l'écriture au format AAAAMMJJ.
  5. CompteNum : numéro du compte du Plan Comptable Général.
  6. CompteLib : libellé du compte.
  7. CompAuxNum : numéro du compte auxiliaire (tiers), si applicable.
  8. CompAuxLib : libellé du compte auxiliaire.
  9. PieceRef : référence de la pièce justificative.
  10. PieceDate : date de la pièce justificative au format AAAAMMJJ.
  11. EcritureLib : libellé de l'écriture.
  12. Debit : montant au débit, avec la virgule comme séparateur décimal.
  13. Credit : montant au crédit.
  14. EcritureLet : lettrage de l'écriture.
  15. DateLet : date de lettrage.
  16. ValidDate : date de validation de l'écriture.
  17. Montantdevise : montant en devise d'origine, si applicable.
  18. Idevise : identifiant de la devise.

Les champs obligatoires doivent tous être présents, même lorsqu'ils sont vides. Un champ vide reste représenté dans le fichier par un séparateur. Toute absence ou inversion de champs rend le FEC non conforme et expose l'entreprise aux sanctions prévues par le LPF.

Les montants sont exprimés avec la virgule comme séparateur décimal, sans symbole monétaire. Le point n'est pas accepté par les outils de la DGFiP. Un montant nul est représenté par "0,00" et non par une cellule vide.

Format technique : TXT, CSV, encodage, séparateur

Le FEC est un fichier texte à plat, sans mise en forme ni formule. L'arrêté du 29 juillet 2013 autorise deux formats de fichier : TXT et CSV. Le nom du fichier doit respecter une convention stricte : SIRENAAAAMMJJFECAAAAMMJJx.txt, où SIREN correspond au numéro SIREN de l'entreprise, et AAAAMMJJ aux dates de début et de fin d'exercice.

Sur le plan de l'encodage, deux options sont acceptées par la DGFiP :

  • ASCII : encodage historique, compatible avec tous les systèmes.
  • UTF-8 : recommandé pour les entreprises ayant des caractères accentués dans leurs libellés.

Le séparateur de champs peut être :

  • La tabulation (caractère ASCII 09), option la plus répandue.
  • Le pipe (caractère "|"), utilisé comme alternative.

La première ligne du fichier doit obligatoirement contenir les intitulés des 18 colonnes, séparés par le même séparateur que les données. Les lignes de données ne doivent pas contenir de retour à la ligne à l'intérieur d'un champ. Le fichier ne doit pas être compressé avant transmission à l'administration.

Les dates doivent toutes être au format AAAAMMJJ, sans séparateur (ni slash, ni tiret). Toute déviation par rapport à ces spécifications techniques peut entraîner le rejet du fichier lors des contrôles automatisés de la DGFiP.

Quand l'administration demande votre FEC

La remise du FEC intervient exclusivement dans le cadre d'une vérification de comptabilité, telle que définie par l'Article L47 A I LPF. Lorsqu'un vérificateur de la DGFiP engage un contrôle fiscal, il a le droit d'exiger la remise du FEC dès le premier jour de la vérification. L'entreprise dispose d'un délai qui peut être très court selon les cas. Le fichier doit être remis en main propre ou via un support numérique (support USB, transmission dématérialisée selon les procédures en vigueur).

Le FEC peut également être demandé dans le cadre d'un examen de comptabilité à distance, procédure introduite par la loi de finances pour 2017, qui permet à l'administration d'effectuer un contrôle sans se déplacer dans les locaux de l'entreprise. Dans ce cas, la transmission est dématérialisée via la plateforme désignée par la DGFiP.

Le FEC doit couvrir l'exercice contrôlé dans son intégralité : du premier jour au dernier jour de l'exercice comptable. Si la vérification porte sur plusieurs exercices, un fichier FEC distinct doit être produit pour chaque exercice concerné.

L'administration dispose ensuite d'outils d'analyse automatisée pour détecter les anomalies : écritures déséquilibrées, séquences de numérotation interrompues, montants aberrants, ou incohérences entre le FEC et les déclarations fiscales déposées.

Vérifier la conformité avant transmission (TestCompta)

La DGFiP met à disposition des entreprises et de leurs experts-comptables un outil gratuit de vérification : TestCompta. Cet outil permet de contrôler la conformité technique d'un FEC avant sa remise à l'administration. Il vérifie notamment :

  • La présence et l'ordre des 18 champs obligatoires.
  • Le format des dates (AAAAMMJJ).
  • L'équilibre débit/crédit pour chaque écriture et par journal.
  • La cohérence de la numérotation des écritures.
  • Le respect du format numérique des montants.
  • L'encodage et le séparateur utilisés.

TestCompta est téléchargeable sur le site officiel de la DGFiP. Il est fortement recommandé de l'utiliser systématiquement avant toute remise, même si votre logiciel comptable indique que le fichier est conforme. Des erreurs peuvent survenir lors de l'export, notamment en cas de migration de logiciel, de clôture manuelle ou de reprise de données historiques.

Des solutions spécialisées comme Lido permettent également d'analyser le FEC de façon approfondie, avec une détection d'anomalies métier au-delà du simple contrôle de format : identification de doublons, détection de schémas inhabituels, analyse des flux fournisseurs et clients. Ces outils sont particulièrement utiles pour les cabinets d'expertise comptable gérant plusieurs dossiers clients.

Sanctions en cas de FEC non conforme

Les sanctions applicables en cas de défaut de présentation du FEC ou de remise d'un fichier non conforme sont définies par le LPF. L'article 1729 D du Code Général des Impôts prévoit :

  • Une amende de 5.000 EUR par exercice contrôlé, en cas d'absence de remise ou de remise d'un fichier non conforme.
  • En alternative, si elle est plus élevée, une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable.

Ces sanctions s'appliquent indépendamment des éventuels redressements fiscaux résultant des anomalies détectées dans la comptabilité. En pratique, un FEC non conforme prive l'entreprise de sa capacité à justifier ses écritures comptables, ce qui peut conduire l'administration à reconstituer le résultat de façon extracomptable, avec des conséquences financières souvent bien supérieures à l'amende initiale.

La jurisprudence a confirmé à plusieurs reprises que la charge de la preuve de la conformité du FEC repose sur l'entreprise. Il appartient donc au dirigeant et à son expert-comptable de s'assurer, avant toute vérification, que le fichier généré par leur logiciel satisfait à l'ensemble des exigences de l'arrêté du 29 juillet 2013.

Logiciels qui génèrent un FEC valide

Depuis le 1er janvier 2018, les logiciels de comptabilité vendus aux professionnels doivent être certifiés conformes à la norme anti-fraude TVA et être en mesure de générer un FEC valide. Voici un aperçu des principales solutions du marché en 2026 :

  • Pennylane : solution cloud française, génère le FEC directement depuis l'interface, avec un module de vérification intégré. Particulièrement adoptée par les cabinets d'expertise comptable.
  • Sage 50 et Sage 100 : solutions historiques du marché français, avec export FEC natif. Sage 100 est orientée PME et ETI, Sage 50 convient aux structures plus petites.
  • Cegid : logiciel comptable utilisé par de nombreux cabinets et grandes entreprises, avec un export FEC conforme aux spécifications de la DGFiP.
  • EBP Comptabilité : solution destinée aux TPE et PME, propose un module d'export FEC inclus dans les versions professionnelles.
  • Lido : outil d'analyse du FEC permettant de détecter les anomalies avant transmission à l'administration, complémentaire aux logiciels de tenue comptable.

Quel que soit le logiciel utilisé, il est recommandé de tester l'export FEC à chaque clôture d'exercice, sans attendre une éventuelle vérification fiscale. Un contrôle préventif annuel avec TestCompta (DGFiP) permet d'identifier et de corriger les anomalies dans des délais confortables.

Erreurs fréquentes à éviter

L'analyse de FEC produits par des entreprises de toutes tailles révèle des erreurs récurrentes, souvent évitables :

  • Séparateur décimal incorrect : utilisation du point à la place de la virgule pour les montants, ce qui rend le fichier illisible par les outils de la DGFiP.
  • Encodage mixte : mélange d'encodages ASCII et UTF-8 dans un même fichier, provoquant des erreurs de lecture sur les caractères accentués.
  • Nommage du fichier non conforme : oubli du SIREN, inversion des dates, ou ajout d'espaces dans le nom du fichier.
  • Champs vides non représentés : absence du séparateur pour les champs optionnels vides, ce qui décale l'ensemble des colonnes suivantes.
  • Exercice incomplet : export partiel ne couvrant pas l'intégralité de l'exercice, notamment en cas de changement de logiciel en cours d'année.
  • Écritures déséquilibrées : somme des débits différente de la somme des crédits pour un même numéro d'écriture, signe d'une erreur de paramétrage lors de l'export.
  • Format de date incorrect : utilisation de formats comme JJ/MM/AAAA ou AAAA-MM-JJ au lieu du format AAAAMMJJ imposé par l'arrêté du 29 juillet 2013.

Ces erreurs sont facilement détectées par TestCompta avant toute remise à l'administration. Une vérification systématique à chaque clôture vous permet d'éviter une situation délicate lors d'un contrôle fiscal inattendu.

Questions fréquentes

Le FEC est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?

Le FEC est obligatoire pour toutes les entreprises qui tiennent leur comptabilité à l'aide d'un système informatisé et qui sont soumises à une obligation légale de tenue de comptabilité (BIC, BNC, BA, IS). Les entreprises relevant du régime micro-BIC ou micro-BNC, qui ne tiennent pas de comptabilité formalisée, ne sont pas concernées. En revanche, dès qu'une entreprise utilise un logiciel comptable, l'obligation de produire un FEC conforme s'applique, quelle que soit la taille de la structure.

Peut-on produire un FEC manuellement, sans logiciel dédié ?

Techniquement, il est possible de construire un FEC manuellement à partir d'un tableur comme Excel, en respectant scrupuleusement les 18 champs, le format des dates, le séparateur décimal et l'encodage. Cette approche est déconseillée en pratique car elle augmente le risque d'erreurs et n'offre aucune garantie de conformité. L'outil TestCompta de la DGFiP reste le seul moyen de valider la conformité du fichier avant transmission à l'administration.

Que se passe-t-il si le logiciel comptable génère un FEC non conforme ?

La responsabilité de la conformité du FEC incombe à l'entreprise, et non à l'éditeur du logiciel. Si votre logiciel génère un FEC non conforme, vous êtes néanmoins exposé aux sanctions prévues par l'article 1729 D du CGI, soit une amende de 5.000 EUR par exercice. Il est donc indispensable de contacter votre éditeur pour obtenir une correction et d'utiliser TestCompta pour valider chaque export. Des outils comme Lido permettent de réaliser ce contrôle de façon systématique sur l'ensemble des dossiers.

Un FEC doit-il être produit chaque année, ou uniquement lors d'un contrôle ?

Le FEC n'est pas transmis spontanément à l'administration chaque année. Il est produit et conservé par l'entreprise, puis remis à la DGFiP uniquement sur demande, lors d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité à distance. Toutefois, il est fortement recommandé de générer et de valider le FEC à chaque clôture d'exercice, afin de détecter les anomalies à temps et de disposer d'un fichier prêt en cas de contrôle.

Quelle est la durée de conservation obligatoire du FEC ?

Le FEC doit être conservé pendant la durée légale de conservation des documents comptables, soit 10 ans à compter de la clôture de l'exercice auquel il se rapporte, conformément à l'article L102 B du Livre des Procédures Fiscales. Cette durée correspond également au délai de reprise de l'administration fiscale en cas de fraude. Il est recommandé de conserver les fichiers FEC sur des supports sécurisés et de les archiver dans un format non modifiable pour en garantir l'intégrité.

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